
Profitant d'une
petite visite familiale, nous avons saisi l'occasion pour partir quelques jours dans
la nature et découvrir les paysages alpins
du Sichuan. Sous certains angles on pourrait parfois se croire dans les
Alpes suisses, mais il suffit de croiser une vache pour se rendre compte que ce
n'est pas exactement les mêmes spécimens que sur les emballages de chocolat au
lait des Alpes.
Enfin si la
journée du départ semblait maudite (un de mes disque dur du bureau qui rend l'âme, la navette de l'aéroport qui tombe en panne au milieu de l'autoroute
puis - cerise sur le gâteau - le chauffeur qui se trompe de sens en revenant et
doit faire marche arrière sur le périphérique), ce voyage s'est plutôt révélé enchanteur,
comme vous pouvez le constater en lisant la suite...
Après un vol de quelques
heures puis une nuit à Chengdu, la capitale provinciale, départ en bus pour le
Nord du Sichuan pour un périple de 450 kilomètres: près de 12 heures d'escalades de routes en lacets à flanc de
montagne. Si la route est plutôt en bon état, l'afflux de cars de tourisme, à
la conduite plus que douteuse (circulant au milieu de la route avec coups de
klaxons pour toutes précautions lors des virages), expliquent les nombreux
accidents rencontrés. Mais pas de panique, on arrive facilement à bon port, et
on dirait que le périple sera plus facile à l'avenir, car une nouvelle
autoroute se profile au coût de travaux titanesques de percement de montagne et
de construction de ponts.
« Tout ce
qui pousse en Chine pousse au Sichuan » (proverbe chinois).
Dans ce genre de
régions montagneuses, on s'attend à avoir une nature plutôt sauvage, mais
étonnamment chaque parcelle de terrain, même sur les pentes les plus escarpées,
est utilisée pour les cultures ou les pâturages. Il n'est pas rare de voir des
brebis ou des vaches gambader à des endroits presque inaccessibles. De même, le
maïs et les pommiers, clairsemés de piments, forment un patchwork coloré
partout où c'est possible ; parfois même dans de minuscules parcelles qui
nécessitent des talents de funambule pour être y accéder. On voit que les gens
d'ici, pourtant réputés « paisibles », ont décidé de tirer avantage
d'une des terres les plus fertiles du pays.
Jiuzhaighou
Jiuzhaigou est un
parc naturel classé au patrimoine
mondial qui s'étend sur les hauteurs des montagnes et présente des paysages
variés et somptueux. On peut notamment y voir des chutes et des bassins où
l'eau prend des couleurs étonnantes (turquoise, vert, jaune...) ; la
minéralisation y est telle que les végétaux qui y tombent semblent comme
pétrifié dans un cocon calcaire. Ce site, issu d'un fragile équilibre, est
aussi l'habitat des pandas géants et de takins, mais en deux jours de visites,
pas une rencontre à notre actif, si ce n'est quelques oiseaux et un écureuil.
Il semble que l'ours-chat (comme on dit en chinois) préfère éviter les sentiers
balisés. D'ailleurs pour préserver ces lieux, on ne peut emprunter que les
dizaines de kilomètres de pontons qui sillonnent le site pour nous mener au
cœur des merveilles de cette montagne. Donc balade nature, mais que sur
sentiers battus et escaliers de bois.
Avec le ticket
d'entrée, valable deux jours, il est conseillé de prendre un ticket de bus soi-disant
propre (en fait la plupart semblent fonctionner au GPL mais cela n'évite pas
les fumées noires à la sortie du pot d'échappement et surtout le bruit) pour
pouvoir circuler facilement.
Notre hôtel étant
juste à coté de l'entrée du parc, on pouvait y arriver très tôt et profiter du spectacle
donné par la brume qui se lève progressivement. Le premier arrêt à cette heure
matinale, quand même le vent ne s'est pas encore levé, est le lac miroir, à la réflexion parfaite.
Puis la balade continue de site en site, nous faisant marcher plusieurs
dizaines de kilomètres. Mais la vue de ces paysages bariolés et éclatant encourage
à marcher sans répit !
Le parc abrite aussi
quelques villages tibétains, mais ceux-ci n'ont plus l'air très typique, la
plupart des maisons, fraichement rebâties, sont ornés d'une parabole et chaque
échoppe vend exactement les mêmes souvenirs que partout ailleurs, y compris des
effigies du grand timonier...
Huanglong
Huanglong (le
Dragon Jaune), aussi classé au patrimoine
mondial, est similaire au site précédant,
bien que plus petit et recelant des paysages moins variés. Le parcours, qui nous propulse de 3300 mètres à
environ 3900 mètres d'altitude, nous laisse découvrir des bassins calcaires qui
sont comme d'innombrables piscines multicolores formés au cours de milliers d'années. Nombreux sont les touristes
qui gravissent cet escalier avec des bombes aérosols d'oxygène, mais en
pratique l'altitude ne semble pas être un problème. Au cas où des petits
chalets sur le parcours dispensent gratuitement de l'oxygène (compter 1 RMB
pour l'embout).
Si
malheureusement la sécheresse - une des pires des dernières décennies - a
asséchée de nombreux bassins et cascades, les plus beaux sites (notamment les
bassins aux 5 couleurs, tout en haut du parcours) gardent leur splendeur
multicolore.
En pratique
Les parcs sont
chers comparé au niveau de vie (200 yuans, soit 20 euro) et toute la région
semble vivre du tourisme, facturant les services étonnamment chers pour une
qualité déplorable. Ainsi les hôtels ont une propreté plus que douteuse.
Songpan est un bon compromis distance-qualité-prix (50 yuans la nuit) pour
Huanglong mais pour Jiuzhaigou mieux vraiment être sur place (100 yuans la
nuit).
Enfin pour
profiter de tout cela, mieux vaut se lever tôt pour éviter les hordes de
touristes débarqués des centaines de bus qui affluent tous les jours sur ces
deux sites. Ca serait dommage de vivre cette rencontre avec mère nature entouré
de mégaphones et noyé dans la foule...
Vous pouvez retrouver les photos de l'article (et d'autres) dans la galerie photo Sichuan.
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Commentaires
Par contre, ca avait l'air d'etre brumeux non?
Par contre c'est pas que c'est brumeux, c'est qu'il pleuvait (on devait être au milieu d'un bon gros nuage).
Dommage que j'ai raté ça, à mon prochain voyage peut être !
quoiqu'un p'tit flamby à flanc de montagne. .. bon je sors
Et finalement sur les centaines (milliers?) de bus qui vont là bas tous les jours on a pas vu trop d'accidents, et aucun chauffeur n'a fait son malin au point de tomber dans le ravin...
PS : entre le Milka et le flan, tu veux me faire regretter d'avoir sauté le petit déjeuner
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